Le génie végétal en rivière tire profit des propriétés des végétaux pour la stabilisation et la protection des berges,
en les intégrant dans des ouvrages d’ingénierie reproduisant des structures naturelles fonctionnelles. L’utilisation
croissante de ces techniques est freinée par un nombre encore restreint de critères dimensionnants. L’étude
d’ouvrages défaillants à travers l’observation de mécanismes de ruptures et leurs causes permet de cibler les points
de dysfonctionnement et ainsi d’établir des recommandations visant à prévenir l’apparition de ces défaillances et
d’optimiser conception et mise en œuvre. L’analyse de 223 ouvrages défaillants, comprenant 269 techniques mises
en œuvre, a permis de récolter 454 observations de défaillances. Les symptômes observés sont : une mauvaise
reprise de la végétation, une déstructuration totale ou partielle de l’ouvrage et des érosions en pied, à l’arrière ou
aux extrémités de l’ouvrage et autour de points durs. Les principales causes de mauvaise reprise de la végétation
sont l’ennoiement, l’assèchement de la végétation, l’ombrage, l’absence de contact avec le substrat et la concurrence
entre espèces. Les érosions en pied de berge sont les plus observées suivies par les érosions à l’arrière de l’ouvrage.
La conjonction de multiples érosions pouvant aboutir à la destruction de l’ouvrage, anticiper ces dernières dès la
conception ou reprendre les ouvrages lors de premières traces d’érosion devrait limiter les destructions complètes.
De plus, contrôler les érosions permet le maintien du substrat nécessaire à la reprise de la végétation. Les causes de
mauvaise reprise de la végétation et les défaillances mécaniques rappellent l’importance d’un suivi et entretien accru
de l’ouvrage les premières années qui suivent sa construction.
Mots-clés : berge, défaillance d’ouvrages, érosion, génie végétal, restauration.