Création d'habitats favorables au Lézard ocellé et au Guépier d'Europe dans le cadre d'un réamanagement de gravière

Porteur du projet : 
SOMECA
Types d'actions : 
Création de milieux - Préservation / Gestion
Milieux : 
Espèces : 
Date: 
2013
Cadre de l'action: 
Doctrine Éviter – Réduire – Compenser



Contexte et objectifs : 

La carrière alluvionnaire de Chibron, située dans la commune de Signes dans le Var, constitue un habitat privilégié pour le Lézard ocellé (Timon lepidus) et le Guêpier d’Europe (Merops apiaster). En effet, la carrière présente un habitat favorable ouvert pour le Lézard ocellé, et représente un habitat de substitution pour le Guêpier d’Europe. Dans le cadre du réaménagement de la carrière, SOMECA a créé des abris pour le Lézard ocellé, contribuant ainsi à la préservation de cette espèce fortement menacée qui fait l’objet d’un Plan National de Restauration, et des talus favorables à la reproduction et à la nidification du Guêpier d’Europe. Par ailleurs, le contexte biogéographique du site étant mésoméditerrannéen, les alentours immédiats de la carrière sont caractérisés par des zones forestières (chênaies), xérophiles (pelouses et garrigues ouvertes), et humides (mares temporairement en eau), constituant une mosaïque de milieux favorables à la biodiversité. Dans le cadre des suivis réglementaires, SOMECA a mis en place des suivis écologiques globaux et ciblés, notamment au niveau de certains secteurs réaménagés ou en cours de réaménagement. Depuis 2010 des suivis réguliers de la biodiversité sont réalisés par des bureaux d’études. Depuis 2014, AGIR écologique accompagne la société SOMECA dans la réalisation de ces suivis et la prise en compte de la biodiversité, notamment :

  • La flore, telle que l’Ophrys de Provence (Ophrys provincialis), l’Ophrys brillant (Ophrys splendida) et l’Ibéris à feuilles de lin (Iberis linifolia),
  • Les reptiles, dont le Lézard ocellé au niveau des zones réaménagées,
  • Les oiseaux, comme le Guêpier d’Europe.

Description : 

Lézard ocellé : En 2013, les opérations de génie écologique ont permis de créer des habitats pour les reptiles dans les zones réaménagées de la carrière à l’aide de blocs rocheux. Ces aménagements écologiques ont pour objectif d’augmenter la fonctionnalité des zones réaménagées en offrant des habitats favorables aux reptiles. En outre, ces aménagements évitent la dispersion des reptiles dans les zones en activité et évitent la destruction d’individus. Plusieurs aménagements peuvent être mis en place en fonction des espèces ciblées. Cela peut aller de simples empilements de pierres ou tas de branches disposés au sol, à l'enfouissement de blocs rocheux avec des cavités qui serviront de gîtes d’hiver ou de reproduction.

Guêpier d’Europe : En 2017 SOMECA a créé des sites de reproduction. Plusieurs techniques ont été mises en œuvre :

  • Le rafraichissement de talus déjà favorables a été réalisé en dehors de la période de reproduction. Cette opération réalisée avec un godet de pelle permet de griffer la couche superficielle pour la rendre plus meuble et faciliter le creusement des terriers.
  • Des talus à paroi verticale ont été créés en mélangeant des éléments meubles.
  • Enfin, des talwegs (anciens bassins de boue) ont été aménagés. Ces mesures permettent de créer des gites alternatifs aux fronts en cours d’exploitation. Cependant, si l’espèce s’installe dans un front exploité, l’exploitation est suspendue pendant toute la période de nidification (calendrier phénologique mis en place afin d’exploiter d’autres fronts en attendant le départ du Guêpier d’Europe).

En 2017, 4 terriers étaient fonctionnels dans les divers talus. Sur les 6 fronts crées lors de l’hiver 2018 avec les 8 amorces de terriers, 3 ont été occupés par les Guêpiers d’Europe à la fin mai et au début juin. La présence de reste d’insectes, indiquait que le Guêpier d’Europe (insectivore) avait initié une reproduction dans ces terriers. Toutefois, la reproduction n’a pas pu être confirmée par l’observation d’œufs, de jeunes ou de nourrissage régulier. Aussi, à ce stade, il n’est pas encore possible de confirmer que la reproduction a été à son terme. Néanmoins, ces premiers résultats, obtenus après 4 mois de mise à disposition des fronts de substitution, sont très encourageants.

Flore : Les données sont regroupées en stations, et peuvent concerner un ou plusieurs individus. Deux stations se distinguent quand des individus sont séparés de 10 m les uns des autres. La comparaison du nombre de stations d’une année à l’autre est néanmoins délicate au regard des variations interannuelles, des dates de prospections et des différents observateurs. En 2014, un protocole de suivi du maintien de certaines orchidées avec pâturage a été mis en place, à la suite de l’introduction de deux moutons. Néanmoins, le protocole de suivi de ces placettes n’a pas pu être poursuivi en raison de l’abandon du projet de pâturage, et de la dégradation de certains points de repères des placettes de suivi causée par le retournement ou le déplacement par des sangliers.

Bilan : 

Points forts : SOMECA a une vision globale du réaménagement. Le génie écologique est utilisé pour rendre l’écosystème, créé par le réaménagement, fonctionnel pour la biodiversité. Une réflexion est menée à l’échelle globale, afin d’identifier les enjeux locaux et recréer des corridors écologiques lors de la reconnexion avec le milieu naturel. Le génie écologique mis en place permet également d’accélérer la colonisation des espaces par la biodiversité, et ainsi minimiser l’impact global de l’activité.

Points faibles : Lors des suivis, les espèces inventoriées ultérieurement, et donc attendues, ne sont pas toujours contactées. Néanmoins, il est à noter que lors des suivis, l’absence d’observations d’une espèce, n’est pas une preuve de son absence. En effet, les variations annuelles peuvent s’expliquer par différents facteurs aléatoires, qui ne sont pas liés à l’exploitation ou au réaménagement de la carrière, tels que la météorologie, ou la probabilité de contacter une espèce lors des passages sur le terrain.

Perspectives : La création d’habitats favorables au Lézard ocellé est également mise en place en périphérie d’une autre exploitation de SOMECA, il s’agit de la carrière de Le Juge à Le Val, une carrière de roche calcaire. Les comptages de l’espèce ont été réalisés dans le cadre du volet naturel de l’étude d’impact (VNEI). Par ailleurs, SOMECA envisage de réaliser des habitats favorables aux reptiles sur la carrière de Chibron à l’aide de béton, et avec la possibilité de capturer des individus, afin de faciliter le comptage et le suivi de l’espèce.

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